Seydou Keïta

Seydou Kaïta. Grand Palais. Affiche.

C’est une exposition rafraîchissante, loin des clichés et des modes, et qui nous fait voyager dans le temps et dans l’espace.

Depuis les années 90, Seydou Keïta est considéré comme l’un des photographes portraitistes en noir et blanc les plus talentueux de la seconde moitié du XX ème siècle. Et la Femme Qui Marche vous conseille de vous rendre d’emblée dans les dernières salles de l’exposition du Grand Palais là où sont diffusés un film et des audiovisuels sur Lui pour mieux comprendre son travail et comment il organise la pose de ses sujets.

Jamais plus d’une prise ou rarement.

Seydou Keïta. Grand Palais. Enfant avec homme influent.

 

 

 

 

 

Ce gros Monsieur là c’est l’un des rares clients sur lequel Seydou peut mettre un nom et dont le portrait a nécessité 4 poses. A Bamako, on l’appelait le « géant ». Un notable, qui porte ici, un « grand boubou  » en bazin, le tissu d’importation damassé très prisé au Mali. Coiffé d’une chéchia, il tient fièrement sa petite fille sur ses genoux.

 

 

 

 

 

 

 

Seydou aimait travailler à la lumière naturelle dès 1948 dans le studio aménagé dans la cour attenante à sa maison. Proche de la gare de Bamako, il profite des voyageurs pour très vite séduire la jeunesse de la ville.Seydou Kaïta. Grand Palais. Homme en costume.

« Les jeunes générations, ma principale  clientèle, aimaient vraiment mes photos à cause de leur qualité, de leur netteté, de leur précision. Il y en avaient qui disaient :  » Même le poil qui pousse là, on le voit  »

Il devient très vite célèbre grâce à son sens de la mise en scène, à la pose de ses sujets, aux accessoires qu’il met à leur disposition (chapeau, vespa, bijoux) et à la qualité de ses tirages. Keïta a réalisé des milliers de clichés sans titre,  souvent pris de trois-quarts. Il exposait ses modèles, et classait minutieusement ses négatifs mais il n’a pas gardé les tirages d’époque lorsqu’il a fermé son studio.

Seydou keïta. femmes sur un scooter. Grand Palais.

seydou Keïta. Grand palais. Enfant au vélo.

 

 

 

 

 

 

 

1 Keïta  accordait beaucoup d’importance au placement des mains et du visage. Son oeuvre porte un regard sur les changements de la société malienne au moment ou la décolonisation et l’indépendance sont à l’oeuvre. Peu ou pas de sourire, un regard pas toujours expressif, souvent perdu et lointain.

« Le visage à peine tourné, le regard vraiment important, l’emplacement, la position des mains….J’étais capable d’embellir quelqu’un. A la fin la photo était très belle. C’est pour cela que je dis que c’étais de l’Art ».

Seydou Keïta. Grand Palais. Femmes en habit.

 

 

« Il y avait beaucoup d’animation autour de mon studio, il y avait tout le temps du monde, c’était un lieu de palabre et de rendez-vous. Je travaillais tout le temps »….

 

Grand Palais Galeries nationales Galerie Sud-est Exposition jusqu’au 11 Juillet.

Citations extraites du livre « Seydou Keïta  » de André Magnin et Youssouf Tata Cissé. Editions Scalo.

Près de 300 photos, comprenant des tirages n&b modernes, formats 50×60 et 120×180, signés par Keïta ainsi que des tirages d’époque uniques.

 

Visuels de tirages argentiques modernes réalisés sous la supervision de Keïta et signés par lui. Genève, Contemporary African Art Collection.

Seydou Keïta / SKPEAC / photo courtesy CAAC- The Pigozzi Collection, Genève.

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