le temps des huîtres. jean-louis debré. valérie bochenek. Bassin d’arcachon.

le temps des huîtres. Jean-Louis debré.

C’est un livre difficile à classer.

Quelques réflexions personnelles, peu, des auteurs, Valérie Bochenek et Jean-Louis Debré qui a une maison au Cap Ferret. (Je l’ai souvent vu jouer avec des petits enfants sur la plage près d’Hortense, le restaurant). Beaucoup de photos d’hier et d’aujourd’hui. Des photos d’hommes, de paysages, de travail et d’huîtres bien sûr, certaines d’archives, d’autres contemporaines. Et surtout l’interview au fil des pages de Denis Bellocq, patron de la cabane du Mimbeau, et issu d’une famille de 12 générations d’ostréiculteurs.

Denis Bellocq raconte son « Bassin d’Arcachon », ses souvenirs d’enfance, ses parents, ses grands parents, son métier et son quotidien. Il a été choisi comme fil conducteur pour évoquer  » Le temps des huîtres« , celui de ces hommes et de ces femmes, « des paysans de la mer » qui du « naissain »à la récolte des coquillages vivent au rythme des marées. 

Il raconte les crises traversées, la dureté du métier, les gestes ancestraux pour gratter, nettoyer et entretenir les parcs et nous familiarise avec un vocabulaire souvent ignoré des non professionnels.

Piquets ou pign.ots. La Femme qui Marche

Les pignots : les grands piquets de bois qui émergent de l’eau pour délimiter les parcs et les rangées des poches d’huîtres posées sur des sortes de tables en métal.

Les mastouns : des « raquettes » en bois puis en métal pour glisser sur la vase. « Aujourd’hui, on porte l’été des baskets et l’hiver des bottes en caoutchouc ou des cuissardes ».

Le grattis : du naissain, (des bébés huîtres ndlr) de 1, 5 cm qui va mettre 2 à 3 ans pour atteindre sa taille marchande.  » C’est la taille, le poids et non les années qui nous permettent de savoir si l’huître est commercialisable ou pas ».

le méroir : le lieu d’élevage qui donne son caractère à l’huître à l’instar du terroir pour le vin. A 100 mètres près dans le Bassin, d’une parcelle à l’autre, le goût, l’aspect diffèrent.

Denis Bollocq explique pourquoi aujourd’hui encore, il faut frapper systématiquement les poches d’huîtres :  » Pour séparer les coquilles entre elles. Si elles restent collées les unes aux autres, elles ne peuvent pas grossir dans de bonnes conditions. Rien qu’au son, nous savons si elles sont toujours collées ou non. Ce bâton, c’est une trique dans notre langage ».

Il explique enfin pourquoi son métier doit évoluer et prendre en compte les contraintes actuelles.

« le Temps des huîtres » est un livre savant, abondamment illustré et vivant, à la gloire des ostréiculteurs vous l’aurez compris, même si par exemple Denis Bollocq fait allusion aux parcs à huîtres abandonnés sans être nettoyés par leurs propriétaires.

Le temps des huîtres, aux Editions Albin Michel – 35 euros – Parution le 3 octobre 2019.

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