l’étoffe de l’artiste au musée bourdelle. ou comment les peintres et les sculpteurs choisissent de se montrer à travers leurs habits.

« L’étoffe de l’artiste« , on la doit à la redécouverte des vêtements d’Antoine Bourdelle en 2020.

Point de départ d’une nouvelle exposition passionnante et vivante, sur les représentations et les stratégies de mise en scène des artistes, dans leur atelier ou à l’extérieur, à travers leurs habits, de la fin du 19ᵉ siècle au milieu du 20ᵉ siècle. Elle relève tout à la fois de l’histoire de l’art, de la socio, et de la mode. D’où son grand intérêt.

« L’étoffe de l’artiste » montre à voir des vêtements méconnus portés par des artistes connus ou pas comme Gustav Klimt, Rosa Bonheur, Léonard Tsuguharu Foujita, Sonia Delaunay, Camille Bernier, Louise Bourgeois .Ils dialoguent avec peintures, sculptures, arts graphiques et photos.

La blouse, la salopette, le chapeau de paille….Les couleurs folkloriques de Frida Khalo ? A quoi penseriez-vous spontanément ?
Soulat Boussus. Portrait d’Antoine Bourdelle à côté du buste de Madeleine Charnaux. Paris, musée Bourdelle.
À la fin du 19ᵉ siècle, si la plupart des artistes posent en habit noir, d’autres affirment par leur tenue leur appartenance à un groupe, et s’affichent en blouse, salopette ou combinaison.

Les codes vestimentaires se singularisent et se démultiplient.

Au tournant du 20ᵉ siècle, la garde-robe devient alternativement un manifeste révolutionnaire, la prolongation de l’acte créateur, voire l’affirmation d’une identité : fluidités de genre et jeux de travestissements, quête d’ailleurs réels ou rêvés, appartenances ou marginalités.

Quelques exemples :

la section « Se reconnaître » évoque l’habit emblématique de l’artiste établi et reconnu par ses pairs : le costume d’académicien, ou des insignes comme la Légion d’honneur, rosettes fièrement arborées par Rosa Bonheur ou Antoine Bourdelle.

La section « Faire artiste » met en perspective cette représentation honorable avec le mythe de l’artiste à l’allure bohème, à la mise débraillée avec leurs feutres mous et leurs vestons élimés.

Le développement du chemin de fer dans la seconde moitié du 19e siècle permet
aux artistes de se mettre en quête d’un ailleurs réel ou fantasmé, notamment en Bretagne, à Pont-Aven, où ils arborent des habits folkloriques (section « Partir »).
Par ailleurs, dans un contexte colonial, l’orientalisme devient le support d’appropriations vestimentaires pour un grand nombre d’entre eux.

La question du genre du vêtement est posée (« Troubler les genres ») puisqu’au tournant du 20e siècle, des artistes femmes subvertissent le vestiaire masculin et jouent, avec l’androgynie de leurs
silhouettes.

Le parcours se poursuit avec l’émergence, chez des artistes comme Salvador Dalí ou Léonor Fini, d’une excentricité excessive. Le vêtement se révèle crucial. Par provocation ou par jeu.

La fi n du parcours revient sur les décennies 1910-1920, où le vêtement d’artiste est envisagé comme un levier de transformation du monde, capable d’accompagner une mutation sociale, esthétique et politique, à l’instar des Futuristes italiens (section « Transformer le réel »).

Après la Seconde Guerre mondiale. Le rapprochement entre l’art et la vie de l’artiste devient plus étroit, et transforme le vêtement d’artiste en œuvre ou en matériau. Celui-ci revêt une dimension métonymique qui se substitue progressivement au corps des artistes et trace des silhouettes pour la postérité

Source : dossier de Presse du Musée Bourdelle.
Expo « L’Etoffe de l’artiste » jusqu’au 25 janvier 2027. animations et ateliers enfants/adultes.
18, rue Antoine-Bourdelle 75015 Paris. Tél. : 01 49 54 73 73
Mardi au dimanche de 10h à 18h
Fermeture 25/12, 1er/01, et 1er /05.
Accès aux collections permanentes gratuit. Accessible aux personnes à mobilité réduite.

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