Accident de la route avec sangliers, kangourous, élans, tigres…quoi faire ?

Je me souviens de ce Kangourou allongé en pleine nuit sur la route à l’entrée de Ningaloo en Australie. Nous avions eu le temps de freiner mais il restait là immobile comme si ses neurones fonctionnaient au ralenti. Comme s’ils ne transmettaient pas l’information entre l’éblouissement des phares de la voiture et la nécessité de bouger.

Les kangourous en Australie mais le problème se pose en Thaïlande avec les tigres, en Suède avec les élans, en France avec les sangliers. En Afrique aussi où les infrastructures se développent dans des endroits où la faune est très riche.

Sylvie Vanpeene :chercheuse à l’Irstea (Institut de recherche en sciences et technologies pour l’environnement et l’agriculture)

En France, « il y a de plus en plus de collisions car depuis 20 ans il y a une augmentation de la circulation et de la population de grand gibier : 70.000 collisions importantes avec du gros gibier (essentiellement cerfs, chevreuils et sangliers) ont été recensées en 2010. Depuis cette date, le fonds de garantie des assurances ne prend plus en charge les dégâts causés et il n’existe plus de données globales ». Les accidents se produisent surtout sur le réseau routier secondaire, les autoroutes étant quasiment toutes grillagées, au détriment d’ailleurs du déplacement des animaux.

Quoi faire ? Détecter les animaux qui s’approchent d’une route et prévenir les conducteurs via un panneau lumineux : ce type de dispositif a été installé en Isère il y a 6 ans.  Un enjeu qui mêle sécurité routière, dommages matériels et biodiversité. Une première en France mais pas dans le monde.

Des « points noirs » identifiés : le département a voulu « agir dans les massifs de Belledonne et de la Chartreuse où il y avait une mortalité d’animaux importante ». Il a d’abord fallu repérer les lieux récurrents de traversée d’axes routiers par le gros gibier, un exercice réalisé avec la fédération des chasseurs. Six « corridors » majeurs ont été identifiés. Puis le dispositif de détection a été installé sur sept points noirs.

A chaque fois, entre 4 et 8 poteaux sont positionnés de part et d’autre de la route, surmontés d’un détecteur thermique ou d’un radar. Une portion de 1 à 2 km de route se trouve ainsi surveillée.

« Si un animal est repéré, cela allume deux panneaux routiers situés quelque 150 mètres en amont: l’un signale le passage de faune, l’autre indique une réduction de la vitesse autorisée.

En l’absence de données précises, l’expérience a été jugée positive. Sur des observations menées sur un seul site, le nombre d’accidents est passé d’une trentaine à moins de cinq.

Du coup, l’Isère projette d’équiper quatre nouveaux sites. D’autres départements – la Savoie, la Haute-Savoie, la Seine-et-Marne – se sont montrés intéressés.

Sachez que Volvo a testé l’an dernier une nouvelle technologie qui utilise des capteurs censés repérer les kangourous puis actionner en urgence le système de freinage pour éviter les chocs. «En Suède, nous avons fait des recherches sur des animaux plus gros et plus lents, comme les élans, les rennes et les vaches (…). Les kangourous sont plus petits et leur comportement est plus imprévisible». On ne connaît pas encore le résultat de l’expérience. .

 

 

 

 

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