ephad ou maison de retraite ?

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 « En finir avec les mots qui font mal ».

Notre société a du mal à appeler un chat, un chat. On ne dit plus clochard mais SDF, éboueur mais ripeur, balayeur mais technicien de surface

Et désormais, il ne faudra plus dire  « dépendant » mais vulnérable, « sénile » mais « atteint de troubles neuro-cognitifs »,  « grabataire » mais   « personne à mobilité réduite » …..

Voilà ce que préconisent des experts, persuadés que le vocabulaire peut « porter atteinte à la dignité » des plus fragiles et rendre les métiers du grand âge moins attractifs.

 « Ce changement de vocabulaire n’est pas un gadget. La façon dont nous regardons le réel et dont nous en parlons peut nous mettre dans une dynamique positive pour soutenir les personnes âgées ».

Une personne âgée n’a ainsi pas  vocation à être « prise en charge » – ce qui suppose qu’elle deviendrait une charge pour la société – mais « accompagnée ». Et il vaut mieux la « soutenir » que la « maintenir à domicile », ce dernier verbe pouvant évoquer une « contention », ou en tout cas une situation où la personne concernée « n’a pas le choix ».

Le terme « dépendance », pourtant très fréquemment utilisé serait  » un mot très violent: quand on dit à une vieille dame qu’elle est dépendante, on lui signifie qu’on va décider pour elle de ce qui est bien ou pas, qu’on ne lui demandera pas son avis ».Disons plutôt « vulnérable ».

De même, il ne faut pas dire « dément » ou « sénile » mais « atteint de troubles neuro-cognitifs », et préférer « personne à mobilité réduite » plutôt que « grabataire », un mot qui « assigne la personne à ne plus sortir de son grabat, ce qui est faux ».

Enfin, une personne âgée vulnérable ne doit pas être « placée en ehpad » (le « d » d’ehpad renvoyant à la dépendance) mais « entrer dans une résidence », ou tout simplement… une maison de retraite, comme on le disait il y a quelques années.

Au-delà de ces questions de mots, les professionnels du secteur attendent toujours avec impatience la loi « grand âge et autonomie » promise par le gouvernement pour l’été.

la Femme Qui Marche avec/AFP.

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