Pourquoi Joaquim Sorolla, « le peintre de la lumière » est-il méconnu aujourd’hui ? Car ses oeuvres vous prennent aux tripes. Mystère ! Certes, l’artiste auquel rend hommage le Musée des Impressionnismes de Giverny a eu de son vivant la reconnaissance de ses pairs, des grands collectionneurs, des marchands d’art de renom, de la critique et du grand public . Et c’est ce que s’attache à montrer l’exposition intitulée « un peintre espagnol à Paris « .
Un titre subtil mais trompeur car il ne s’agit nullement de peintures effectuées dans la capitale française. Mais de montrer au travers d’une cinquantaine de tableaux les plus célèbres qui ont fait sensation à Paris et dans le monde entier comment il s’est nourri de ses rencontres depuis son premier voyage chez nous en 1885 et sa consécration en qualité de portraitiste d’une clientèle cosmopolite.
Le peintre espagnol Beruete dira de Mère qui célèbre avec sa femme, Clotilde, la naissance de leur fille Héléna, que ce tableau » est en mesure d’apporter une gloire éternelle à un artiste et d’inscrire son nom au rang des plus grands maîtres ».
Les bords de la Méditerranée inspirent son oeuvre. Les reflets et la diffraction de la lumière, il les met au service du monde du travail, les pêcheurs qui rentrent et de la démocratisation des loisirs avec des scènes de baignade, souvent des enfants. Les garçons y sont montrés nus. » Sorolla peint quelques tableaux de dénonciation sociale et proclame une aspiration à atteindre la vérité sans dureté » et avec poésie. On trouve sûrement là l’une des clefs de son talent.
Sorolla donne l’impression de pouvoir tout peindre mais avec un style bien à lui.
Dans les années 1890, il renie l’impressionnisme le qualifiant de « tocade » et « d’invasion de fainéants » mais se réserve le droit d’en assimiler certaines techniques. Il s’intéressera aux paysages avec Biarritz notamment où il se rend au cours de l’été 1906. Influencé également par les débuts de la photo.
Sorolla a travaillé de façon traditionnelle avec des croquis préparatoires qui lui servent d’aide-mémoire. Et l’exposition montre certaines de ses peintures parfois minuscules réalisées sur du papier, du bois, de la toile.
Sorolla, un peintre espagnol à Paris au Musée des Impressionnismes de Giverny jusqu’au 6 Novembre. (Bravo pour l’accrochage et pour l’audioguide formidable).Ensuite il vous faudra aller du 24 Novembre au 19 mars au Museo Sorolla de Madrid pour la voir.
Musée des Impressionismes : 99 rue Claude Monet. Giverny. 27620. http://www.mdig.fr/ Ne pas partir sans s’être promené dans les jardins. On peut s’y restaurer. Billet couplé notamment avec la visite de la maison de Claude Monet.
SALMONA
ÉPOUSTOUFLANT ! LE MAGICIEN DE LA LUMIÈRE QUI FAIT DU BLANC UNE COULEUR CHAUDE JE M INCLINE DEVANT MON MAITRE